154ème RI

154ème RI

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Tombe de Raymond La Motte, Caporal au 154 ème RI, tué à Attichy (Oise) le 28 août 1918, à l’age de 21 ans.

A Reims au cimetière du Nord

sur les circonstances de la mort de ce soldat:

Du 17 au 26 août 1918, le 154e est au repos, si l’on peut ainsi appeler huit jours de bivouac dans les bois de Sorel et de Séchelles. Mais ce n’est pas l’heure des longues détentes, il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Nous tenons l’ennemi au collet dans une étreinte mortelle, il s’agit de ne plus le lâcher. Le 27, le régiment allait terminer la relève dans le secteur de Canny-sur-Matz quand arrive l’ordre d’attaque pour le lendemain.
Après avoir pris, non sans difficultés, ses emplacements dans la tranchée de l’Idée, à 5 heures, le 154e, avant-garde de la division, se porte en avant avec un entrain magnifique.
Sous la violence de nos feux d’artillerie, l’ennemi avait rompu en partie, ne laissant en place que quelques éléments avec des mitrailleuses. D’un seul élan, le 3e
bataillon à gauche, le 2e à droite, traversent Balny et La Potière, capturant en route un certain nombre de prisonniers, et arrivent aux lisières du bois le Comte, face à Candor, à 4 kilomètres du point de départ.
Continuant le mouvement, malgré les explosions dans Candor et un violent bombardement au débouché de ce village, nos lignes bordent à 10 heures la grand’route de Roye ; puis poussant de l’avant sous les obus toxiques de 150 et les rafales de mitrailleuses, elles parviennent dès midi devant Catigny et le canal du Nord.
Cette position a été très fortement organisée par l’ennemi. Catigny seul, d’après les renseignements de prisonniers, est défendu par un bataillon, et les glacis qui le précèdent offrent un champ de tir redoutable. Le régiment doit momentanément s’arrêter, un essai d’attaque brusquée dans l’après-midi ne modifie pas la situation.

Opérations francaise en aout 1918

Opérations francaise en aout 1918

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Plaque mémorial avec Eugène Caqueret du 154 ème RI, mort le 11 juin 1918

Dans l’église du Croutoy

CONTRE-OFFENSIVE DU 11 JUIN 1918 – Bataille de Belloy (1)
Cependant l’ennemi vient d’entamer le 9 juin une nouvelle offensive visant Compiègne et la route de Paris. Malgré une résistance acharnée, il a gagné du terrain par endroit, il nous proclame épuisés et hors d’état de contrarier ses desseins, c’est une heure d’inquiétude qui sonne encore.
Enlevé en hâte par camions-autos au cours de l’après-midi du 10, le 154e arrive de nuit dans la zone de bataille. Le 11, à 2 heures, le colonel reçoit l’ordre d’attaque, et à 3 heures le régiment part. Il n’y a pas une minute à perdre, l’heure H est fixée à 11 heures et quelques unités ont une assez longue étape à fournir pour se rendre aux emplacements de départ, les ordres de détail seront donnés en route.
Par Montiers et la voie ferrée de Wacquemoulin à Ménévillers, en plein jour, servies heureusement par un léger brouillard, nos colonnes gagnent au sud de Méry le vallon qui descend à 500 mètres à l’ouest de la ferme de Bauchemont. C’est de là que, dans quelques minutes, on va s’élancer sans préparation d’artillerie mais avec l’appui de chars d’assaut imposants croisés en route et qui doivent suivre. En tête, à droite le 2e bataillon, à gauche en échelon le 3e, le 1er bataillon en réserve.

Char 1918

Char 1918

Dès le début, un barrage assez sérieux s’abat sur les vagues d’assaut, notamment vers la droite, tandis qu’à gauche des mitrailleuses tirant de la direction du nord prennent d’enfilade le 3e bataillon.
L’attaque se porte néanmoins résolument en avant, la crête de Bauchemont est enlevée et la ferme prise avec ses défenseurs. Mais lorsque la tête veut déboucher du plateau, elle est accueillie par des feux nourris de mitrailleuses postées aux lisières du bois du Val Laploye. On stoppe un instant pour attendre l’arrivée des tanks, et vers 14 heures le mouvement est repris.
Les 2e et 3e bataillons s’engagent vigoureusement, abattant ou balayant devant eux les défenseurs qui lâchent pied, le 2e s’empare de la ferme du Bout du Bois, puis la progression continue avec l’appui des chars.

Bataille du Matz

Bataille du Matz

Après avoir dépassé les bois Hubert et de Genlis, le 3e bataillon traverse avec ses compagnies de tête, 9e et 10e , les lignes d’artillerie allemandes, prenant sept pièces lourdes dont les servants s’enfuient. Il atteint ensuite les pentes nord du mamelon 117, repousse une contre-attaque venant de Lataule, et très en flèche après une avance de plus de 3 kilomètres, demeure soumis toute la soirée sur une position sans abri à un violent bombardement.
Pendant ce temps, le 2e bataillon a réussi à gagner la cote 117 où il s’organise. Dans le cours de l’action, le lieutenant-colonel ARDISSON, atteint par un éclat d’obus à la jambe droite, a dû passer le commandement au commandant PASCAL.
« Ils ont été admirables et je tiens à vous faire part de l’admiration de nos hommes pour les vôtres », sont venus dire au chef de corps les commandants du 2ebataillon de chasseurs à pied et d’un bataillon du 26e qui tenaient les lignes de départ. Les jeunes soldats de la classe 1918, engagés pour la première fois, avaient été merveilleux de bravoure et d’entrain et s’étaient montrés dignes de leurs aînés.

Le bilan de la journée s’annonçait particulièrement glorieux : la conquête d’un épais massif boisé, un gain de terrain représentant l’avance maxima de toute la ligne de bataille, 150 prisonniers, 14 canons, 26 mitrailleuses, 2 lance-bombes et une abondante quantité de matériel et de munitions.

chars Matz 5

Le lendemain, de nouveaux progrès sont réalisés à l’est du bois de Genlis sur un éperon qui sera complètement occupé le 16, ainsi qu’au nord du bois Hubert. Enfin, un coup de main sur la tranchée de Lodi achèvera bientôt d’améliorer les positions.  L’ennemi réagit vigoureusement pendant quelques jours par son artillerie, mais son infanterie qui vient d’être vivement bousculée ne sort pas de ses tranchées…

Panneau bataille du Matz

Panneau bataille du Matz

Chars Matz

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Un soldat du 154ème RI. cimetière de Vieilleville, Meuse

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Plaque mémorial de John Lewthwaite

Au temple de Reims

Au temple de Reims

Ce lieutenant est mort le 5 mai 1915 des suites de ses blessures à l’hopital de Sainte-Menehould. Il avait 30 ans. Il est fait chevalier de la légion d’honneur à titre posthume en juin 1915.

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Un historique accessible chez Ancestramil

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Un commentaire pour 154ème RI

  1. DENIS marcel dit :

    C’est une partie douloureuse du XXème siècle. Merci de ne pas les laisser tomber dans les oubliettes de l’histoire…

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