163ème RI

163ème RI

Tombe de Louis Odier, mort en mars 1918

A la nécropole de Verberie

*

Un soldat du 163 ème RI

A l'honneur

A l’honneur

*

RI 163 110 - Copie

A Cerny en Laonnois (Chemin des Dames)

Le régiment est en ligne à Cerny en Laonnois du 1er au 20 aout 1917 puis du 20 septembre au 20 octobre. Les pertes sont plus de six cents hommes.

IMG_9180

La chapelle de Cerny en Laonnois

**

Extrait d’un historique du régiment sur cette période

Le 27 Juillet, le Régiment débarque à Château-Thierry. Trois jours après il est transporté en camions à Fismes (Marne). Nous nous rendons au Chemin des Dames.
Le 31, nous faisons étape sur Longueval et Villers en Prayère; le lendemain sur Œuilly et les Creutes Marocaines. Partout la ruine, partout la destruction. Nous ne sommes cependant qu’à l’arrière des lignes. Nous restons en réserve quelques jours.

Le 9 Août nous relevons le 215e au secteur de Cerny, zone A. Le Colonel est au P. C. Yung, au boyau de Béthune: Le 1er Bataillon prend le quartier H, à droite; le 2e, le quartier K à gauche; le 3e le ravin de Troyon.
La relève s’effectue en plein bombardement et à travers des boyaux démolis et détrempés par les pluies. A un moment donné, plus de boyau ; ce ne sont que des trous d’obus remplis d’eau. On arrive péniblement en première ligne, après des pertes sérieuses.
Qui aurait dit que ce chemin serait le théâtre de luttes sanglantes, de bombardements formidables, qui transformeraient tout le plateau en une vaste écumoire de trous d’obus, en un champ de désolation et de mort où les ossements humains mêlés à la ferraille fondue constitueraient la plus grande partie du sol actuel !
Nous prenons nos emplacements. Il fait nuit. Notre ligne est une suite de trous d’obus où nous pataugeons dans l’eau. Les Boches sont à 20 ou 30 mètres, par là-devant. Tout le monde veille. Les mitrailleuses rasent le parapet ; les obus tombent un peu partout. Il faut cependant se reconnaître dans son secteur. Les loques que nous relevons se hâtent de partir.

Notre premier jour de secteur est marqué par un brillant succès.Les lère et 2ème Compagnies reçoivent l’ordre de s’emparer dans l’après-midi de la tranchée de Franconie pour régulariser notre ligne. Cette tranchée constitue la première ligne ennemie.
A 18 heures, après un tir de préparation les 2 Compagnies s’élancent bravement et en un seul bond atteignent la tranchée boche. Après un combat acharné où de nombreux Allemands tombent tués ou blessés, nos poilus s’emparent de la tranchée, font 7 prisonniers vivants et organisent la position. L’adversaire tente deux contre-attaques; elles sont énergiquement repoussées.
Ce joli succès vaut au 1er Bataillon les chaudes félicitations du Général Lebrun.

Le lendemain, l’ennemi tente une nouvelle contre-attaque pour essayer de réparer son échec de la veille. Elle se brise encore contre notre résistance. Les Allemands subissent de grosses pertes.

Ce même soir les 5e et 7e Compagnies effectuent, à la faveur de la nuit, une avance de 50 mètres sur 300 mètres de large, occupent deux points (a et b) et s’emparent de la sortie no 2 du «tunnel de l’Yser». Elles creusent aussitôt malgré le bombardement une tranchée pour relier la tranchée Brahm au boyau de Boulogne.

Le 13, vers 4 heures 15, après notre relève de Bataillon, l’ennemi, sans préparation d’artillerie, précédé de lance-flammes attaque brusquement les tranchées de Franconie et de la Fourragère tenues par les 9e et 11e Compagnies.

Devant la soudaineté de l’attaque et la supériorité du nombre, nos troupes se replient pied à pied et perdent 20 mètres de terrain après avoir mis cependant les «flammenwerfer» hors de combat. Les sections de réserve du 3e et 1er Bataillon contre attaquent aussitôt sous la direction de leur commandant de Compagnie et l’opération brillamment conduite permet, malgré une résistance très vive de l’ennemi, de rétablir notre position initiale. La lutte a duré 6 heures. Les troupes ont fait preuve d’un allant merveilleux.

Le 14 Août, à la pointe du jour, les Allemands tentent une nouvelle attaque à la grenade sur le même point que la veille. Cette attaque est facilement repoussée par le 2e Bataillon. Quelques heures plus tard l’ennemi renouvelle encore sa tentative sur deux points (Pelliot-Franconie et boyau de Béthune). Le 3e Bataillon le met en fuite après 30 minutes de combat.

Le lendemain 15 Août ordre est donné au Régiment d’enlever la tranchée Bruckner. A 16 heures 45, après une forte préparation d’artillerie, le 3e Bataillon précédé de lance-flammes s’élance à l’assaut de la tranchée. L’ennemi surpris par l’impétuosité de l’attaque essaye cependant de se défendre et fait des efforts désespérés. Mais rien n’arrête l’élan de nos hommes qui après avoir occupé la tranchée tuent ou capturent ses occupants. En dehors des cadavres qui jonchent le sol, le Bataillon fait 114 prisonniers valides dont 4 officiers. Il s’empare de 4 mitrailleuses, 2 lance-bombes et de matériel divers. La position conquise est aussitôt organisée. Une contre-attaque ennemie déclenchée à 20 heures est repoussée.

Vignette du régiment 1916

Vignette du régiment 1916

Le 16 Août, les avions survolant nos lignes sont beaucoup plus nombreux que d’habitude; le bombardement est beaucoup plus intense. Cela nous fait prévoir une attaque qui se produit peu après. L’ennemi prend soin de se faire précéder par des avions qui mitraillent notre première ligne.

Cette attaque avorte par nos feux qui causent de telles pertes aux Allemands qu’ils sont obligés de rebrousser chemin. Vers 21 h. 30, ils reviennent à la charge en deux groupes munis de lance-flammes (le 1er groupe vers le carrefour Pelliot Bruckner, le 2e vers les boyaux de Trèves et de Béthune). Nous leur faisons une réception telle qu’ils rebroussent encore chemin non sans laisser de nombreux tués.

Le 17 Août, le caporal Chautard Théodore est décoré de la croix de Chevalier de la Légion d’honneur pour sa conduite héroïque lors du succès du 15 Août: « Son chef de section étant blessé, ce caporal a pris le commandement de la section, l’a brillamment entraînée à l’assaut, a atteint l’objectif et l’a organisé malgré le bombardement. A fait des prisonniers. »

Pertes de la Ire Période au Chemin des Dames: 4 officiers tués, 17 blessés; 86 hommes tués, 418 blessés.

Le Régiment est relevé du 18 au 20 Août par le 11e Groupe de B. C. P. et va au repos à Brécy et Coincy.

Il recueille dans les ordres ci-après les lauriers de ses derniers combats:

ORDRE DU RÉGIMENT No 294.
Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 163e Rég. d’Infant.

 » Entré dans la Bataille à l’allure de la charge, le 163e Régiment d’Infanterie n’a connu l’obstacle que pour le renverser. Franconie, Fourragère, contre-attaques terribles de l’ennemi avec jets de flamme, Bruckner, tout cela n’a été qu’un jeu pour les braves entre les braves que vous êtes.
Forçant l’admiration de tous: généraux, 215e Régiment d’Inf., 5e Régiment d’Infanterie, artilleurs, aviateurs, vous avez fait relever fièrement la tête à votre chef qui s’est dit: Où n’irais-je pas avec des troupes aussi belles !
Merci à tous, merci de votre bravoure, de votre entrain, de votre héroïsme, de votre beau moral. Nous avons tenu l’Allemand, nous le reprendrons à la gorge, et il cédera encore et toujours comme il a cédé les 10, 13 et 15 Août 1917, dates merveilleuses dans l’Historique de votre beau Régiment. »

****

Un résumé de l’historique du Régiment est disponible ici: site Ancestramil

**********************

Publicités
Galerie | Cet article, publié dans 163 RI, vignette, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s